- Article de Laura Raim, paru dans Rue 89, le 26 avril 2013 :
« On l’attend comme le dernier Harry Potter », s’amuse une psychologue parisienne. Le DSM-V, la cinquième version du répertoire des maladies mentales, sort en librairie en mai. Les hypocondriaques ne seront pas déçus : la dernière mouture du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, rédigé par l’Association américaine de psychiatrie (APA), pourrait recenser plus de 500 « troubles » mentaux.
Alors que la première publication du manuel en 1952 n’en comptait qu’une centaine, son contenu n’a cessé de s’enrichir au fil des versions. Une inflation qui inquiète de nombreux psychiatres, y compris ceux qui sont a priori favorables à cette nosographie. Ainsi, le président du groupe de travail sur la quatrième version du répertoire, le Dr. Allen Frances (auteur de « Sauver le normal »), assure que :
« Le DSM-V ouvre la voie à ce que des millions et des millions de personnes actuellement considérées comme normales soient diagnostiquées avec un trouble mental, reçoivent un traitement et une stigmatisation dont ils n’ont pas besoin. »" POur lire la suite : clic
- Article d'Eric Faverau, paru dans Libération le 7 mai 2013 :
Tous fous, comme le suggère le DSM - 5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, et 5 pour cinquième édition)? Dans quelques jours, vous aurez la réponse : la nouvelle bible du diagnostic psychiatrique sera rendue publique à l’occasion du congrès de l’APA (l’Association des psychiatres américains) qui se tient du 15 au 18 mai à San Francisco. Le DSM - 5 est l’ultime version d’un ouvrage qui règne sur la psychiatrie mondiale en décrivant, une par une, les 450 pathologies mentales qui nous menacent.
Alors que faire ? Se cacher ? Et si nous étions tous un peu moins fous que les auteurs ne l’écrivent ? Car pour la première fois, la colère gronde, des pétitions et des manifestes circulent, y compris outre-Atlantique, pour «dénoncer cette psychiatrisation à outrance de nos modes de vie». Au point qu’aux Etats-Unis, le très sérieux National Institute of Mental Health prend ses distances.
Frontière. «On doit se battre», dit avec force le psychanalyste Patrick Landman, qui préside en France le collectif «Stop DSM - 5». Et énumère les dangers qui nous guettent : «Non au surdiagnostic, non à la pathologisation de la vie quotidienne, non à la surprescription médicamenteuse.» On pourrait en sourire, comme on se moque du dernier jeu vidéo, dégager en touche et pointer le réflexe antiyankee, mais l’enjeu est réel. Et crucial puisqu’il concerne la frontière sans cesse redéfinie entre le normal et le pathologique. «C’est le triomphe du symptôme, la mort du sujet avec son histoire personnelle et singulière», insiste Patrick Landman qui ajoute, avec gravité : «Aujourd’hui, si vous voulez publier dans une grande revue psychiatrique internationale, vous devez passer par la grille DSM. En France, dans les universités de médecine, c’est la seule grille nosographique qui est enseignée. C’est elle qui façonne, c’est elle qui décide.»"Lire la suite : CLAC
POur aller plus loin, voici deux anciens articles à propos des troubles psychiatriques:
- Article paru dans le Le Monde Diplomatique, décembre 2009:
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- Article paru dans le magasine L'Histoire :
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